Si les ventes de liseuses vont plafonner en 2010, celles de tablettes pourraient fort bien dépasser le cap du milliard de dollars. Ce sera également une bonne année pour le livre électronique, selon les prévisions 2010 de Deloitte pour le secteur des technologies, des médias et des télécommunications (TMT) présentées ce matin à Montréal.
Les experts en technologie de Deloitte estiment que les liseuses, comme le Kindle ou le Nook, sont des «technologies intérimaires», de fait «la croissance de leurs ventes ne sera pas celle attendue». Par contre, les tablettes, qui comblent le vide entre le téléphone intelligent et l'ordinateur portable, sont promises à un vibrant avenir. Plus d'une vingtaine de modèles ont d'ailleurs été présentés cette année au Consumers Electronics Show au début du mois.
Sachant qu'il devrait ne se vendra rien de moins que 100 millions de livres électroniques cette année, éditeurs, auteurs et distributeurs ont du pain sur la planche. En fait, le monde l'édition pourrait bien connaître «le même sort que celui qu'à connu l'industrie de la musique où les ventes de musique enregistrée sur CD sont en baisse depuis des années», selon Deloitte.
Si cette mutation concerne les livres, elle touche évidemment aussi les journaux et les magazines. Ceux-ci devront rapidement s'adapter aux nouveaux supports numériques. Certains ont déjà pris le train en marche, comme le magazine Sports Illustrated qui a d'ailleurs produit un démo de sa version électronique sur tablette:
Certains propriétaires de presse, comme Rupert Murdoch qui possède notamment le Wall Street Journal et Fox News, estiment que pour procéder au virage numérique, ils n'auront pas d'autre choix que de rendre l'accès à leurs contenus payants. Certaines sources laissent d'ailleurs entendre que le New York Times serait sur le point d'adopter ce modèle à la faveur d'un partenariat avec Apple.
Ce n'est pas l'avis du directeur de la recherche de Deloitte Canada, Duncan Stewart. Selon lui, le risque d'un effet négatif sur le trafic est trop élevé. Les journaux craignent de perdre des lecteurs en ligne s'ils imposent des abonnements ou des micropaiements - l'achat des articles à la pièce -, ce qui aurait un impact néfaste sur les revenus publicitaires. De fait, Deloitte estime que la majorité des éditeurs canadiens ne rendront pas les sites web de leurs médias payants dans la prochaine année.
par Anne-Caroline Desplanques